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Conseils pratiques · 14/08/2026 · 19 min

Combien de temps attendre avant de recevoir un devis ? Les délais réels de réponse des artisans par corps de métier

F Fred Rédacteur
Combien de temps attendre avant de recevoir un devis ? Les délais réels de réponse des artisans par corps de métier

Ce que dit la loi, et ce qui relève simplement de l'usage

Combien de temps attendre avant de recevoir un devis ? Les délais réels de réponse des artisans par corps de métier

Vous avez rempli le formulaire un mardi soir. Décrit vos travaux, laissé votre numéro, coché la case. Et depuis, rien.

Trois jours. Puis cinq. À ce stade, la vraie question n'est plus « combien de temps faut-il pour recevoir un devis », mais plutôt : à partir de quand faut-il commencer à s'inquiéter, et surtout, faut-il relancer ou passer à quelqu'un d'autre ?

Commençons par une clarification qui surprend beaucoup de particuliers : aucun texte n'impose à un artisan de répondre à une demande de devis dans un délai donné. Ni 48 heures, ni une semaine, ni jamais. Un devis n'est pas un droit, c'est une offre commerciale. Le professionnel est libre de la faire, de la faire attendre, ou de ne pas la faire du tout.

Ce qui est encadré, en revanche, c'est le reste. La gratuité du devis, par exemple : elle n'est pas automatique, mais si l'artisan compte le facturer, il doit vous l'annoncer avant. Les mentions obligatoires aussi (identité de l'entreprise, détail des prestations, prix unitaires, main-d'œuvre, TVA applicable, assurance décennale pour le bâtiment). Et la durée de validité de l'offre, une fois qu'elle est émise, généralement de un à trois mois selon les métiers et la volatilité des matériaux.

Le devis devient d'ailleurs obligatoire dans plusieurs cas de figure : les prestations de dépannage, réparation et entretien à domicile, dès le premier euro pour certaines interventions, et au-delà de 150 € TTC de façon générale. Les travaux du bâtiment y sont soumis presque systématiquement, ne serait-ce que par le jeu de l'assurance.

Dernier point, et il est source de beaucoup de malentendus. On confond trois délais bien distincts :

  • Le délai de réponse : le temps avant le premier signe de vie (un appel, un mail, un SMS)
  • Le délai de visite : le temps avant que quelqu'un vienne réellement voir le chantier
  • Le délai d'émission : le temps entre cette visite et le document chiffré dans votre boîte mail

Un artisan qui rappelle en deux heures peut très bien envoyer son devis trois semaines plus tard. L'inverse existe aussi. C'est en séparant ces trois étapes qu'on comprend enfin où ça coince.

Ce qui se passe vraiment entre votre demande et le devis reçu

Combien de temps attendre avant de recevoir un devis ? Les délais réels de réponse des artisans par corps de métier

Vu du salon, un devis c'est un papier avec des chiffres. Vu du camion de l'artisan, c'est une petite production complète qui n'est facturée à personne.

Étape 1 : le premier contact

Accusé de réception automatique, appel rapide, ou message vocal en fin de journée. C'est l'étape la plus rapide, et paradoxalement celle qui manque le plus souvent. Beaucoup de très bons artisans sont d'excellents techniciens et de piètres commerciaux : ils lisent votre demande, la classent mentalement dans « à faire », et l'oublient jusqu'à dimanche soir.

Étape 2 : la qualification du besoin

Questions par téléphone, demande de photos, parfois de plans. Un plombier vous demandera l'âge de la chaudière et le type d'évacuation. Un menuisier voudra des cotes approximatives. Cette phase peut durer dix minutes ou traîner une semaine, selon votre réactivité à vous.

Étape 3 : la visite sur site

Voilà le vrai goulot d'étranglement. Un artisan seul ne peut pas être sur un chantier et chez vous en même temps. Les visites se font donc en fin de journée, sur les temps morts, ou le samedi matin. C'est presque toujours ici que se jouent les deux tiers du délai total.

Étape 4 : le chiffrage

Consultation des fournisseurs pour les prix matières, vérification de la disponibilité des équipes, appel aux corps d'état associés s'il faut sous-traiter une partie. Sur un chantier un peu ambitieux, cette étape mobilise trois ou quatre interlocuteurs externes qui ont, eux aussi, leurs propres délais de réponse.

Étape 5 : la rédaction et l'envoi

Une heure de bureau, parfois deux. Le soir, après la journée. C'est pour ça que les devis arrivent si souvent horodatés à 21h47 un mercredi.

Pourquoi le chiffrage n'est-il jamais instantané ? Parce que le prix des matières bouge, parce qu'un planning se réserve, et parce qu'un artisan qui s'engage sur un montant s'engage pour de bon. Un devis mal calculé, c'est une marge qui disparaît. Il vaut mieux attendre trois jours de plus qu'un chiffre pris à la légère.

Les délais réels par corps de métier

Combien de temps attendre avant de recevoir un devis ? Les délais réels de réponse des artisans par corps de métier

Voici les repères observés dans la pratique. Ce sont des ordres de grandeur, pas des garanties : un artisan débordé en juin peut être disponible sous 48 heures en novembre.

Corps de métierPremier contactVisite sur siteDevis finalCas urgent
Plomberie / chauffage24 à 48 h3 à 10 jours3 à 10 jours après visiteImmédiat à 24 h
Électricité24 à 72 h5 à 15 jours5 à 12 jours après visiteSous 24 h
Maçonnerie / gros œuvre3 à 7 jours2 à 4 semaines2 à 5 semaines après visiteRare
Couverture / charpente2 à 5 jours1 à 3 semaines1 à 3 semaines après visiteFuite : 24 à 72 h
Menuiserie / fermetures24 à 72 h1 à 2 semaines1 à 3 semaines après visitePeu concerné
Peinture / plâtrerie2 à 4 jours3 à 10 jours2 à 8 jours après visitePeu concerné
Carrelage / sols2 à 5 jours1 à 2 semaines1 à 2 semaines après visitePeu concerné
Terrassement / paysage3 à 10 jours1 à 4 semaines2 à 4 semaines après visiteRare
Serrurerie / métallerieImmédiat à 48 hVariableSur place ou 2 à 4 semainesImmédiat
Piscine / clim / ENR2 à 7 jours2 à 6 semaines2 à 6 semaines après visitePeu concerné

Plomberie et chauffage

C'est le métier le plus réactif du bâtiment, et pour une raison simple : la culture de l'urgence y est ancrée. Une fuite ne se planifie pas. Les plombiers ont donc l'habitude de décrocher, de qualifier vite, de se déplacer dans la foulée.

Pour un remplacement de robinetterie ou l'installation d'un WC suspendu, comptez un devis sous trois à cinq jours, parfois chiffré à distance sur photos. Une salle de bains complète, c'est autre chose : visite obligatoire, arbitrages sur les équipements, et deux bonnes semaines avant le document final.

L'effet saisonnier est brutal sur le chauffage. Demandez un devis de chaudière en septembre : vous êtes dans la vague, tout le monde s'y met en même temps, les délais doublent. La même demande en avril passe en trois jours. Ce n'est pas de la mauvaise volonté, c'est de l'arithmétique.

Électricité

Les électriciens visitent presque toujours. Difficile de chiffrer une installation sans avoir ouvert le tableau, vérifié la section des câbles, repéré si la terre existe (spoiler : dans beaucoup de maisons d'avant 1970, elle n'existe pas).

Ajouter deux prises et un point lumineux ? Devis sous une semaine. Une mise aux normes complète avec diagnostic préalable, ou la rénovation électrique d'un appartement entier ? Là, on parle de deux à trois semaines, parce que le chiffrage doit intégrer des inconnues qu'on ne découvre qu'en ouvrant les murs.

Maçonnerie et gros œuvre

Les délais les plus longs, sans discussion possible. Métrés à faire, contraintes structurelles à évaluer, parfois un bureau d'études à consulter pour une ouverture dans un mur porteur. Et des carnets de commandes qui, dans certaines régions, sont pleins sur six mois.

Un maçon qui met trois semaines à vous envoyer un devis d'extension n'est pas forcément désorganisé. Il est probablement en train de vérifier des choses. En revanche, un maçon qui ne répond pas du tout au bout de dix jours vous envoie un message assez clair.

Couverture, charpente et zinguerie

Ici, la météo commande. Un couvreur ne monte pas sur un toit par grand vent, et il ne chiffre pas non plus depuis le sol : il faut voir l'état des liteaux, mesurer les rives, évaluer l'accès et le besoin en échafaudage, qui pèse souvent lourd dans le prix final.

Comptez une à trois semaines pour un devis de réfection. La fuite active, elle, sort de ce schéma : la plupart des couvreurs interviennent sous 24 à 72 heures en bâchant d'abord, et chiffrent la réparation définitive ensuite.

Menuiserie et fermetures

Le menuisier dépend de son fournisseur. Il prend les cotes, transmet la configuration, attend le tarif, applique sa marge, rédige. Chaque maillon ajoute son délai.

Bonne nouvelle : les configurateurs en ligne ont beaucoup accéléré les cas standards. Trois fenêtres PVC de dimensions courantes, un modèle catalogue, et le devis peut tomber en 48 heures. Une verrière sur mesure ou un escalier bois, c'est trois semaines, et c'est normal.

Peinture, plâtrerie et revêtements

Des devis relativement rapides, parce que les surfaces se métrent facilement et que la matière représente une part modeste du prix. Beaucoup de peintres chiffrent au mètre carré avec des grilles bien rodées.

Sauf au printemps. De mars à juin, tout le monde veut repeindre, et les délais de visite s'allongent de façon spectaculaire. Un conseil qui vaut ce qu'il vaut : demandez vos devis de peinture en janvier.

Carrelage et sols

Le carreleur est souvent prêt bien avant vous. La cause réelle du retard, dans ce métier, c'est rarement l'artisan : c'est le client qui n'a pas encore choisi son carrelage. Format, finition, calepinage, plinthes assorties ou non… tant que le matériau n'est pas arrêté, le chiffrage reste en suspens.

Si vous voulez un devis carrelage en une semaine, arrivez avec vos références. Ou au minimum une fourchette de prix au mètre carré.

Terrassement, paysage et extérieur

Métier saisonnier par excellence. Les demandes affluent de février à mai, et les paysagistes fonctionnent souvent par vagues : ils groupent leurs visites, chiffrent en série, et remplissent leur saison en quelques semaines.

Ajoutez la dépendance à la météo (impossible de terrasser un terrain gorgé d'eau) et au matériel loué, dont la disponibilité conditionne le planning. Deux à quatre semaines pour un devis, c'est courant. Et si vous appelez en avril pour une terrasse en juin, il y a de fortes chances qu'on vous parle de septembre.

Serrurerie, métallerie et dépannage d'urgence

Deux régimes totalement opposés cohabitent sous la même enseigne.

Le dépannage : porte claquée, serrure forcée, intervention dans l'heure et devis remis sur place avant travaux (c'est d'ailleurs une obligation stricte dans ce secteur, particulièrement exposé aux abus). Méfiez-vous de tout professionnel qui commence à percer avant de vous avoir fait signer quoi que ce soit.

L'ouvrage sur mesure : garde-corps, portail acier, escalier métallique. Là, on repasse en mode atelier, avec plans, calculs, approvisionnement matière. Trois à quatre semaines pour un devis, ce n'est pas anormal.

Piscine, climatisation et énergies renouvelables

Les délais les plus imprévisibles, parce que ces métiers cumulent tous les facteurs d'allongement : visite technique obligatoire, étude de dimensionnement (puissance, orientation, déperditions), et surtout un volet administratif qui a explosé avec les dispositifs d'aide.

Monter un dossier avec le calcul des subventions, les attestations de qualification et les simulations de production, ça prend du temps de bureau. Beaucoup de temps. Et en haute saison, les installateurs de climatisation reçoivent en juillet ce qu'ils traitent en septembre.

Ce qui allonge (ou raccourcit) réellement le délai

La saison. Le facteur numéro un, loin devant tous les autres. Le pic va de mars à juillet sur presque tous les métiers, avec un second souffle en septembre pour le chauffage. Le creux, c'est novembre-décembre et la deuxième quinzaine de janvier. Un projet lancé à contretemps peut recevoir ses devis trois fois plus vite.

La taille de l'entreprise. Un artisan seul chiffre le soir, après huit heures de chantier, avec la fatigue que ça suppose. Une structure de quinze personnes a un conducteur de travaux ou un métreur dédié, dont c'est le métier à plein temps. Le devis arrive plus vite, mais il coûte souvent un peu plus cher : la structure se paie.

La zone géographique. Tension de la demande, distance de déplacement, saisonnalité locale. En zone rurale, l'artisan peut refuser un petit chantier à 40 kilomètres parce que le trajet mange sa journée. En zone touristique, l'été est ingérable. Dans les grandes agglomérations, la concurrence joue en votre faveur sur les délais de réponse.

Le montant et la complexité. Logiquement, plus le chantier est gros, plus le chiffrage est long. Mais attention à l'effet inverse : un chantier trop petit est aussi celui qu'on repousse indéfiniment, parce qu'il rapporte peu et demande autant de paperasse qu'un gros.

La qualité de votre demande initiale. C'est le levier le plus sous-estimé, et de très loin. Une demande précise, avec photos et surfaces, se traite en dix minutes. Une demande floue du type « je voudrais refaire ma salle de bains, pouvez-vous me faire un prix » oblige l'artisan à rappeler, à poser dix questions, à espérer que vous décrochiez. Devinez laquelle des deux passe en premier ?

Le canal de contact. Le téléphone reste imbattable pour le premier échange. Un formulaire web finit dans une boîte mail consultée le soir, une plateforme de mise en relation vous met en concurrence avec quatre autres demandes arrivées la même minute, et la recommandation d'un voisin vous fait passer devant tout le monde. C'est injuste, mais c'est comme ça.

Le contexte administratif. Sinistre avec expert d'assurance, copropriété qui doit voter en assemblée générale, dossier d'aide financière à monter : chaque intervenant supplémentaire ajoute son propre délai, et l'artisan attend souvent qu'on lui confirme quelque chose avant de finaliser.

Et puis il y a le facteur dont personne ne parle : la perception de votre sérieux. Un artisan reçoit plus de demandes qu'il ne peut en traiter. Il trie. Un devis, c'est deux à cinq heures de travail non facturé, avec un taux de transformation qui tourne rarement au-dessus de 40 %. Alors il investit là où ça a des chances d'aboutir. Un client qui répond vite, qui sait ce qu'il veut, qui annonce un budget réaliste et une date : celui-là passe devant. Toujours.

Comment obtenir un devis plus vite

La bonne nouvelle, c'est que vous avez davantage de prise sur ce délai que vous ne le pensez.

Préparez une demande complète. Nature exacte des travaux, surfaces ou linéaires approximatifs, trois ou quatre photos correctes (pas floues, avec du recul), contraintes d'accès (étage, ascenseur, stationnement, largeur de passage), budget approximatif et échéance souhaitée. Cinq minutes de votre côté, cinq jours de gagnés du sien.

Dites d'emblée si le projet est ferme. « Je fais faire trois devis pour me donner une idée » et « les travaux sont financés, je veux démarrer en octobre » ne déclenchent pas du tout la même réaction. Si votre projet est décidé et daté, dites-le dès la première phrase.

Privilégiez le téléphone pour amorcer. Puis confirmez par mail avec les détails. Le combiné crée un lien que le formulaire n'obtient jamais, et il permet de qualifier en trois minutes ce qui prendrait quatre allers-retours écrits.

Proposez vous-même des créneaux de visite. « Je suis disponible mardi ou jeudi entre 17h et 19h, ou samedi matin » vaut mille fois mieux que « dites-moi quand vous pouvez passer ». Vous supprimez une négociation entière.

Limitez le nombre de sollicitations. Trois ou quatre artisans, c'est le bon calibre. Au-delà, vous vous noyez dans la comparaison, et surtout : le bruit circule. Dans une petite ville, si six entreprises reçoivent la même demande le même jour, elles finissent par le savoir, et l'enthousiasme retombe.

Évitez les périodes de rush quand le calendrier le permet. Ce n'est pas toujours possible, évidemment. Mais si vos travaux peuvent attendre, un devis demandé en novembre arrive plus vite et souvent à meilleur prix.

Répondez vite à ses questions. Chaque relance sans réponse de votre part repousse le chiffrage d'autant. L'artisan a mis votre dossier de côté en attendant vos cotes, et il ne le rouvrira que quand vous lui écrirez.

Quand relancer, et comment

Le silence n'est pas forcément mauvais signe. Mais il ne faut pas non plus le laisser s'installer.

Avant la visite, relancez au bout de 5 à 7 jours ouvrés sur les métiers réactifs (plomberie, électricité, peinture), et 10 à 12 jours sur les métiers longs (maçonnerie, couverture, piscine). Pas avant : vous passeriez pour impatient, et ça se retient.

Après la visite, la règle est plus stricte. Le professionnel s'est déplacé, il a investi du temps, il a donc un intérêt à conclure. Relancez à 8 ou 10 jours s'il n'a rien annoncé, ou dès le lendemain de la date qu'il vous avait promise.

Deux principes pour que ça marche : soyez court et factuel, et changez de canal. S'il vous a répondu par mail, appelez. S'il vous a appelé, envoyez un SMS. Le message qui a échoué une fois échouera deux fois.

Surtout, demandez une chose précise : une date d'envoi. Pas une confirmation d'intérêt, pas un « vous pensez pouvoir le faire ». Une date. C'est ce qui transforme une intention vague en engagement, même léger.

Un modèle qui fonctionne bien, à adapter :

Bonjour, suite à votre visite du 12, je me permets un petit rappel pour le devis de la salle de bains. Pouvez-vous me dire à quelle date vous pensez pouvoir me l'envoyer ? Je dois arbitrer avant fin du mois. Merci à vous.

Simple, poli, avec une échéance et une question fermée. Difficile de ne pas y répondre.

Deuxième relance, huit à dix jours plus tard, et si elle reste sans effet : arrêtez. Vous avez votre réponse. Elle n'est pas agréable, mais elle est claire.

Parce qu'il faut le dire franchement : l'absence prolongée de devis n'est presque jamais un oubli. C'est un refus tacite. L'artisan a évalué votre chantier, il a décidé de ne pas le prendre, et il n'a pas su ou pas voulu vous le dire. Beaucoup de professionnels trouvent plus confortable de ne pas répondre que d'annoncer un non. Ce n'est pas très élégant, mais ça évite bien des discussions.

Ce qu'un délai anormal vous apprend

Aucune réponse du tout. Capacité saturée, chantier jugé trop petit, ou zone d'intervention hors périmètre. Rien de personnel. Passez au suivant sans y voir malice.

Une réponse ultra-rapide avec devis complet sans visite. Sur un petit dépannage, très bien. Sur une rénovation à cinq chiffres, c'est un signal de vigilance sérieux : soit le prix est calculé large pour couvrir l'inconnu, soit vous découvrirez des avenants une fois le chantier lancé. Personne ne chiffre correctement une extension depuis Google Maps.

Un devis qui met un temps fou puis affiche un prix très élevé. C'est ce qu'on appelle dans le métier le devis de refus. L'artisan ne veut pas du chantier mais n'ose pas le dire, alors il chiffre haut. Si vous acceptez, tant mieux pour lui. Si vous refusez, tant mieux aussi. Reconnaissable au fait que le prix sort largement du lot par rapport aux autres offres reçues.

Ce qui doit alerter dans le document lui-même : absence de numéro SIRET, pas d'attestation d'assurance décennale mentionnée, forfaits opaques sans détail des postes, pas de durée de validité indiquée, conditions de paiement floues ou acompte anormalement élevé. Un devis rapide mais bâclé vaut moins qu'un devis lent et carré.

Reste à faire la différence entre un artisan débordé mais sérieux et un professionnel peu fiable. Le premier prévient, même tardivement, et donne une date. Le second laisse le vide s'installer. Franchement, un couvreur qui vous écrit « je suis surchargé, je peux vous envoyer le devis dans dix jours, ça vous va ? » mérite votre patience bien plus qu'un autre qui promet 48 heures et disparaît.

Le calendrier à anticiper de votre côté

Le meilleur moyen d'éviter le stress, c'est de raisonner à l'envers. Partez de la date à laquelle vous voulez que les travaux soient terminés, et remontez.

Un exemple concret pour une réfection de toiture qu'on voudrait finie avant l'hiver, disons fin octobre :

  • Travaux : 2 à 3 semaines de chantier
  • Carnet de commandes du couvreur : 6 à 12 semaines d'attente avant démarrage
  • Acceptation, formalités, éventuelle demande d'aide : 2 à 4 semaines
  • Comparaison des devis reçus et décision : 1 à 2 semaines
  • Obtention des devis : 3 à 6 semaines

Total : entre quatre et six mois. Autrement dit, pour un toit refait fin octobre, la première demande part en mai. Pas en septembre.

Les projets à anticiper le plus largement sont toujours les mêmes : la couverture, l'extension et le gros œuvre, la piscine (là c'est un an, franchement), et le chauffage, où le mois de septembre est un mur.

Cas particulier : les travaux liés à un sinistre ou à un achat immobilier. Vous êtes alors coincé entre des dates externes que vous ne maîtrisez pas (passage de l'expert, date de signature, libération des lieux). Dans ces situations, dites-le à l'artisan dès le premier contact. Une contrainte de date réelle et justifiée est un argument qui porte, et beaucoup de professionnels acceptent de bousculer leur ordre de traitement pour ça.

Questions fréquentes

Un devis est-il payant ?

Le plus souvent gratuit, mais ce n'est pas une obligation. L'artisan peut le facturer, notamment quand il implique un déplacement long ou une étude technique poussée. Il doit alors vous en informer avant. Certains déduisent ces frais du montant final si le chantier leur est confié : demandez, ça se négocie.

Combien de devis faut-il demander ?

Trois, c'est l'équilibre. Assez pour repérer une offre aberrante, pas trop pour rester capable de comparer sérieusement. Au-delà de quatre ou cinq, vous perdez plus de temps que vous n'économisez d'argent.

Combien de temps un devis reste-t-il valable ?

La durée est indiquée sur le document, généralement entre un et trois mois. Elle a tendance à raccourcir depuis que les prix des matériaux bougent beaucoup. Passé ce délai, l'artisan n'est plus tenu par son prix, même si en pratique beaucoup le maintiennent si vous revenez peu de temps après.

Le prix peut-il changer après acceptation ?

Non, pas unilatéralement. Un devis signé par les deux parties vaut contrat. Toute prestation supplémentaire doit faire l'objet d'un avenant écrit et accepté avant exécution. Si on vous annonce un supplément en cours de chantier sans document, refusez de le régler tant qu'il n'est pas formalisé.

Que faire si l'artisan promet un devis et ne l'envoie jamais ?

Rien, juridiquement : il n'y a aucun recours, puisqu'aucune obligation n'a été violée. Relancez deux fois, puis passez à autre chose. Vous pouvez en revanche le mentionner dans un avis en ligne, ce qui reste le seul levier réel dont disposent les particuliers.

Faut-il verser un acompte avant de recevoir le devis ?

Jamais. Absolument jamais. L'acompte intervient après la signature du devis, jamais avant. Toute demande d'argent en amont du document chiffré est un signal d'alarme, sans exception.

Un devis reçu par email ou SMS a-t-il la même valeur ?

Un devis envoyé par mail au format PDF a pleine valeur juridique dès lors qu'il comporte les mentions obligatoires et qu'il est accepté de façon traçable (signature électronique, retour écrit valant acceptation). Un simple SMS annonçant un prix, en revanche, ne constitue pas un devis. C'est une estimation verbale mise par écrit, rien de plus.

Peut-on obtenir un devis sans visite ?

Oui, sur des prestations simples et standardisées : remplacement d'un équipement identique, peinture d'une pièce aux dimensions connues, pose d'un revêtement sur une surface plane. Au-delà, tout devis à distance comporte une part d'approximation que l'artisan couvre soit par une marge de sécurité, soit par des avenants. Sur un chantier conséquent, exigez la visite. C'est dans votre intérêt bien plus que dans le sien.

En résumé

Retenez les ordres de grandeur : 24 à 72 heures pour un premier contact, une à trois semaines pour la visite selon le métier, et de quelques jours à un mois pour le document chiffré. Les métiers de l'urgence répondent vite, le gros œuvre et les projets techniques prennent leur temps, et la saison pèse plus lourd que tout le reste.

Surtout, gardez ceci en tête : la vitesse de la réponse dépend largement de la qualité de votre demande. Un dossier clair, un projet ferme, une disponibilité annoncée et une réactivité constante vous font gagner des semaines. Sans exagération.

Et une fois les devis en main, le travail ne fait que commencer : il faudra les comparer poste par poste, vérifier ce qui est inclus et ce qui ne l'est pas, et repérer les écarts qui ne s'expliquent pas seulement par le prix. Mais c'est déjà une autre histoire.